Le Credito Emiliano, un établissement bancaire italien d’Emilie-Romagne fondé il y a un siècle, vient d’étendre ses entrepôts géants près de Modène.
La banque doit en effet faire face au stockage de 400 000 meules de parmesan, un volume en forte croissance depuis un an.
Comme les producteurs d’huile, de champagne ou de cognac, les fabricants de parmesan ont en effet recours à des crédits de campagne pour financer le vieillissement de leur fromage.
Plutôt que d’encombrer leurs propres locaux ou de confier leurs meules à des magasins généraux contrôlés par l’Etat, ils ont pris l’habitude d’entreposer leurs stocks au Credito Emiliano.
Celui-ci leur accorde en échange un prêt sur deux ans – durée d’affinage du parmesan – pouvant atteindre 80% de la valeur du fromage conservé.
Le parmesan doit à ses qualités intrinsèques le privilège de bénéficier de ce dispositif : avec moins de 2% des meules corrompues à l’issue de la période de vieillissement, c’est en effet un produit stable.
La meule de parmesan joue de ce fait depuis le Moyen Age un rôle de quasi-monnaie : on peut libeller des prix en nombre de meules livrables à terme, escompter des meules, les donner en gage.
Chaque meule est numérotée, tel un billet de banque.
Avec la crise et la concurrence de produits concurrents d’appellation non contrôlée, les ventes se font plus difficiles.
Le prix du kilo de parmesan est passé de 9,36 euros en 2004, à 7,27 euros aujourd’hui.
Mais le Credito Emiliano garde confiance et assure son rôle historique de banquier du parmesan : il a choisi d’augmenter ses capacités de stockage pour maintenir ses lignes de crédit en regard d’un nombre supérieur de meules.
Rien n’a changé depuis huit siècles : en période de crise, le parmesan reste une bonne garantie. |