Récemment encore, on aurait dû y ajouter la Suède et les deux autres Etats baltes.
Cette liste improbable est en effet celle des Etats qui pratiquent encore la conscription au sein de l’Union européenne : six pays sur vingt-sept imposent un passage de quelques mois sous l’uniforme.
Comme en France autrefois, la règle comporte certes des dérogations. Le jeune Autrichien peut ainsi choisir de servir dans la coopération plutôt que de porter les armes. Le jeune Allemand est dispensé de service militaire quand deux de ses frères l’ont déjà effectué. Au Danemark, un tirage au sort sélectionne les appelés. Et en Finlande, l’addiction à Internet est considérée comme un motif valable de dispense ! Mais, malgré des débats, le principe de la conscription semble bien établi dans la plupart de ces six pays qui font exception en Europe.
C’est sans doute d’abord le poids de l’Histoire qui explique, dans chaque cas, cet attachement à la tradition du service militaire. Méfiance à l’égard du pouvoir militaire ici, consolidation du sentiment national ou mémoire encore vive du passé ailleurs. On retrouve les mêmes ingrédients, hors de l’UE, en Norvège et en Suisse, où l’incorporation et les périodes de réserve restent dans les moeurs.
Mais une seconde raison incite aussi les pays qui la pratiquent encore à ne pas renoncer à la conscription : c’est l’évolution récente de ceux qui y ont mis fin. Ainsi, la Belgique envisage de rétablir un service militaire facultatif. Et, à l’heure où l’on relance le service civique, des voix s’élèvent en France pour regretter le rôle d’intégration qu’assurait autrefois le service national.
Après une décennie qui aura vu une majorité de pays européens s’affranchir de la conscription, d’aucuns se demandent si le mouvement n’est pas sur le point de faire une pause, voire de s’inverser. |